Dossier 2 · résultats en main
Analyses sanguines : ce que mesure chaque groupe de résultats
Les analyses sanguines se regroupent en blocs : FSC, ions, bilan lipidique, foie, reins, thyroïde et fer. Ce que mesure chacun, et ce qu’il laisse ouvert.
Les chiffres clés
- 251 891
- participants dans la revue Cochrane : les bilans de santé chez des adultes sans symptôme n’ont pas réduit la mortalité[1]
- +20 %
- de diagnostics nouveaux en six ans chez les personnes invitées, sans meilleur devenir[2]
- 30 µg/L
- nouvelle limite basse de la ferritine chez l’adulte dans les grands laboratoires communautaires canadiens depuis 2024[6]
- 1 fois
- dans la vie : le dosage de la Lp(a) que recommande la Société canadienne de cardiologie[4]
Une feuille de résultats, ce sont des groupes, pas une liste
Ce qui arrive dans le Carnet santé Québec sous la forme de trente lignes est en réalité une poignée de petits groupes, et à l’intérieur de chacun les lignes sont faites pour se lire les unes par rapport aux autres. L’hémoglobine avec le VGM et la ferritine. L’ALT avec l’AST et la GGT. La créatinine avec le DFGe et votre hydratation.
C’est pourquoi lire ses résultats de haut en bas fonctionne rarement, et pourquoi chaque page de ce dossier explique un groupe d’analyses plutôt qu’un marqueur isolé.
Pourquoi une valeur isolée dit peu
Un chiffre hors des valeurs de référence, lu seul, est le chemin le plus court vers la mauvaise conclusion. Une même ALT élevée ne veut pas dire la même chose après une grippe, après un souper copieux arrosé ou après le début d’un nouveau médicament.
Chaque page de ce dossier part donc du groupe : quelles lignes le composent, laquelle se lit en premier, et quelles combinaisons méritent une question à votre médecin ou à votre IPS.
Ce que montrent les analyses courantes, et ce qu’elles ne montrent pas
La Société canadienne du cancer décrit les analyses biochimiques sanguines comme une façon d’évaluer le fonctionnement de certains organes et de repérer des anomalies : électrolytes, reins, foie, sucre, graisses, hormones. Une prise de sang courante décrit donc quelques grands systèmes à un moment donné. Ce n’est pas un dépistage du cancer, elle ne recherche pas la plupart des infections, et elle ne comprend la vitamine D ou la B12 que si elles ont été cochées sur la requête.
Plus de lignes n’apportent pas plus de protection. Une revue systématique Cochrane de 17 essais randomisés et 251 891 participants n’a trouvé aucun effet des bilans de santé proposés à des adultes sans symptôme sur la mortalité totale, par cancer ou cardiovasculaire. Dans l’un de ces essais, les personnes invitées ont reçu 20 % de diagnostics nouveaux de plus en six ans, sans que leur devenir change. Cela ne concerne pas une analyse prescrite pour un symptôme ou le suivi d’une maladie connue.
Certaines lignes sont fragiles pour des raisons techniques plutôt que médicales. Le potassium en est l’exemple type : des globules rouges abîmés pendant le prélèvement le libèrent dans le tube et font monter le résultat, ce qui explique que les laboratoires mesurent le degré d’hémolyse et refusent les échantillons au-delà d’un seuil.
Quatre lectures qui ont changé récemment au Canada
Quatre groupes se lisent autrement aujourd’hui qu’il y a quelques années, ce qui compte dès que l’on compare un résultat récent à un plus ancien.
- Les lipidesLes lignes directrices de la Société canadienne de cardiologie de 2021 acceptent un bilan lipidique sans jeûne, privilégient le cholestérol non-HDL ou l’apoB quand les triglycérides dépassent 1,5 mmol/L, et recommandent de doser la Lp(a) une fois dans la vie.
- Les reinsL’équation CKD-EPI de 2021 n’utilise plus la race. Optilab Montréal-CUSM l’a adoptée le 7 août 2024 : un DFGe ancien et un DFGe récent ne sont pas forcément calculés de la même façon.
- Le ferEn 2024, les plus grands laboratoires communautaires canadiens ont relevé la limite basse de la ferritine de 12 à 15 µg/L à 30 µg/L chez l’adulte : les anciens seuils de la carence étaient trop bas.
- La thyroïdeL’INESSS place la TSH en première intention, la T4 libre ensuite. Pour une TSH élevée avec une T4 libre normale, une revue de 2023 ne trouve pas de preuve qu’un traitement hormonal aide la plupart des gens.
Par où commencer
Si vos résultats tiennent sur une longue feuille, commencez par le bilan sanguin, qui explique comment les groupes s’articulent et ce qu’une prise de sang peut dire ou non. Allez ensuite au groupe qui porte vos lignes signalées : FSC, ions, bilan lipidique, foie, reins, thyroïde ou fer.
Les articles du dossier
Vos propres résultats
Vos résultats de laboratoire, expliqués valeur après valeur
Téléversez votre feuille de résultats : en quelques minutes, le rapport complet trie chaque marqueur selon ce qui mérite attention, face aux intervalles imprimés par votre propre laboratoire, explique chacun d’eux, puis propose un plan d’action et des questions à poser à votre médecin.
- Votre nom est supprimé avant la lecture
- Jamais utilisé pour entraîner une IA, jamais revendu
- Des résultats, ou tout votre compte, se suppriment à tout moment
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Sources
Recommandations, textes de consensus et études relues par les pairs. Chaque chiffre de cette page vient de l’une d’elles. Aucune prépublication n’est citée.
- Revue systématique
General health checks in adults for reducing morbidity and mortality from disease
- Revue systématique
- Étude de vérification
- Recommandation
- Note de service de laboratoire
Débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) : équation CKD-EPI 2021 (note de service)
- Revue
Diagnostic et prise en charge de la carence en fer chez les femmes
- Guide d’usage
Utilisation judicieuse des analyses biomédicales : thyroxine libre (T4L)
- Revue
- Information patient