Pas de date de péremption par défaut

Selon le Collège des médecins du Québec, les ordonnances qui ne visent pas un médicament n’ont pas de date de péremption, à moins d’indication contraire du médecin. Les requêtes d’analyses de laboratoire en font partie : elles doivent être exécutées même lorsqu’elles ont été rédigées il y a plus de 24 mois.

Le médecin peut toutefois inscrire une date limite sur la requête, s’il le juge utile. Dans ce cas, c’est cette date qui compte, et elle se calcule à partir du jour où la requête a été rédigée.

Des cliniques le rappellent à leurs patients : une requête de prise de sang n’a pas de date d’expiration, et un centre de prélèvement doit l’accepter même si elle date de plus de deux ans. Cela ne veut pas dire qu’une requête ancienne vaut une requête récente. Cela veut dire que ce n’est pas le calendrier qui tranche, mais votre situation.

D’où viennent les « 24 mois » et le « 1 an »

Ces chiffres existent, mais ils concernent les médicaments. Les connaître évite de repousser une analyse utile, ou de croire valable une requête qui ne répond plus à la bonne question.

  1. 24 mois : les médicamentsSans mention contraire du médecin, une ordonnance de médicament n’est plus valide 24 mois après sa rédaction. Cela ne vise pas les analyses.
  2. 1 an : certains médicamentsUne règle fédérale empêche de renouveler une benzodiazépine plus d’un an après l’ordonnance. Rien à voir avec une prise de sang.
  3. La date inscrite par le médecinElle seule peut limiter une requête d’analyses. Regardez si votre requête en porte une.
  4. Le délai de prélèvementIl ne périme pas la requête : il indique dans combien de temps faire la prise de sang, et guide le choix du rendez-vous.

Le délai demandé n’est pas une date d’expiration

Beaucoup de requêtes indiquent quand faire la prise de sang : avant un rendez-vous, dans deux semaines, dans trois mois. Ce délai sert à ce que le résultat arrive à temps pour la décision médicale; il ne rend pas la requête invalide une fois passé.

Clic Santé en tient compte. Dans la région de la Capitale-Nationale par exemple, on choisit le service selon la consigne du prescripteur : régulier quand la requête n’a pas de délai précis ou sert à un suivi, requis dans 2 semaines à 1 mois, requis dans 4 jours à 2 semaines, ou urgent. Si aucun rendez-vous n’est libre dans le délai, de nouvelles places s’ajoutent chaque jour.

Ce qui vieillit vraiment une requête

La question clinique. Une requête écrite pour un symptôme que vous aviez il y a six mois répondait à une question de ce moment-là. La faire aujourd’hui produit une mesure exacte d’une question dépassée. Si la fatigue qui l’avait motivée a disparu, ou si un autre médecin a fait doser les mêmes valeurs entre-temps, le bilan ne répond plus à rien.

L’intervalle de suivi. Les requêtes écrites pour surveiller quelque chose ont leur rythme : trop tôt, la valeur n’a pas eu le temps de bouger; trop tard, on perd l’intérêt de la série. C’est votre médecin qui fixe ce rythme.

Et tout ce qui a changé. Un nouveau médicament, un nouveau diagnostic, une grossesse ou une hospitalisation peuvent rendre la liste inadaptée, même si chacune de ses lignes reste une analyse réelle.

Ce qui fait refuser une requête au centre de prélèvement

Ce n’est pas son âge, c’est un renseignement manquant. En Estrie, la requête doit porter votre nom et votre numéro d’assurance maladie, le nom, la signature et le numéro de permis du prescripteur, la date, ses coordonnées pour l’envoi des résultats, les renseignements cliniques utiles et les analyses demandées. Sans ces renseignements, elle est refusée et le prélèvement n’est pas fait.

Le jour du prélèvement, le personnel vérifie aussi votre identité et votre préparation, le jeûne par exemple, comme le prévoient les recommandations européennes sur le prélèvement veineux. Une requête ancienne peut donc susciter une question à l’accueil, même si elle reste valide.

Comment savoir si ma requête est encore bonne?

Regardez d’abord si elle porte une date limite ou un délai. Puis posez-vous trois questions. La raison de l’analyse est-elle toujours la même? Quelque chose a-t-il changé depuis : nouveau traitement, nouveau diagnostic, grossesse, hospitalisation? Le rythme prévu par votre médecin est-il respecté?

Si rien n’a changé, utilisez-la. Si plusieurs mois ont passé ou si votre situation a changé, écrivez au prescripteur avant le prélèvement plutôt qu’après : il confirmera peut-être simplement, ou ajustera une ligne. Et si vous comptez aller au privé, la requête que vous avez déjà vous évite d’en payer une nouvelle.

Requête perdue, requêtes de suivi

Une requête égarée se redemande à la clinique ou au médecin qui l’a rédigée. Une clinique de rhumatologie rappelle ainsi à ses patients qu’aucune requête n’est refaite entre deux rendez-vous, sauf si elle est perdue : gardez-la avec vos papiers.

Les requêtes de suivi peuvent prévoir un rythme ou un nombre de prélèvements; c’est ce qui est écrit qui fait foi. Une fois le résultat obtenu, il apparaît dans le Carnet santé Québec s’il vient du réseau public, et devient la valeur de comparaison de la prochaine prise de sang. Si l’attente vous paraît longue, voyez en combien de temps arrivent les résultats. Pour ce qu’un prélèvement coûte selon l’endroit, voyez le prix d’une prise de sang.