Qui doit faire le test ?

En France, le test du diabète gestationnel n’est pas fait chez toutes les femmes enceintes, et il ne fait pas partie des examens obligatoires de grossesse. Les recommandations de la Société francophone du diabète et du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, publiées en 2010, proposent un dépistage ciblé sur les femmes qui ont au moins un facteur de risque.

Le test est aussi demandé, même sans facteur de risque, si l’échographie du troisième trimestre montre un bébé plus gros que prévu. En revanche, du sucre dans les urines ne suffit pas à le déclencher : pendant la grossesse, le rein laisse passer le sucre plus facilement, et cette mesure ne reflète pas bien la glycémie.

  1. Âge35 ans ou plus.
  2. PoidsUn indice de masse corporelle de 25 ou plus avant la grossesse.
  3. FamilleUn diabète chez le père, la mère, un frère ou une sœur.
  4. Grossesse précédenteUn diabète gestationnel ou un bébé de plus de 4 kg à terme.

Deux moments, deux prises de sang

Au premier trimestre, une simple glycémie à jeun repère un diabète qui existait avant la grossesse sans être connu. Le seuil est 0,92 g/L (5,1 mmol/L) : de 0,92 à 1,25 g/L, on parle de diabète gestationnel précoce ; à 1,26 g/L ou plus, d’un diabète de type 2.

Si cette première glycémie est normale, l’hyperglycémie provoquée par voie orale, ou HGPO, est faite entre 24 et 28 semaines d’aménorrhée, soit au cours du sixième mois. Si la glycémie du premier trimestre était déjà de 0,92 g/L ou plus, l’HGPO devient inutile.

Comment se passe l’HGPO

Prenez rendez-vous au laboratoire, qui fournit la solution sucrée. La fiche patiente du réseau Diabète Occitanie demande de ne rien manger et de ne pas boire de boisson sucrée dans les 10 à 12 heures qui précèdent, d’éviter de fumer et l’effort intense juste avant. L’eau plate reste en général permise, comme pour toute prise de sang à jeun ; suivez la consigne de votre laboratoire.

Sur place, une première prise de sang est faite à jeun. Vous buvez ensuite une boisson contenant 75 g de sucre, puis une prise de sang est faite une heure après, et une autre deux heures après. Vous restez assise au laboratoire pendant tout ce temps, parce que marcher ou sortir fausserait les chiffres. Le résultat est souvent rendu dans la journée.

Les seuils et ce que veut dire un résultat positif

Une seule valeur égale ou supérieure au seuil suffit pour retenir un diabète gestationnel. Ces seuils viennent de l’étude internationale HAPO, menée sur plus de 23 000 femmes enceintes, qui a montré que les complications augmentent de façon continue avec la glycémie, sans palier net.

Un résultat positif ne veut pas dire que votre bébé va mal. Il veut dire qu’un suivi est nécessaire : conseils alimentaires, activité physique, autosurveillance de la glycémie, et un traitement seulement si les objectifs ne sont pas atteints. Un essai randomisé publié en 2005 a montré que traiter le diabète gestationnel réduit les complications graves chez le bébé, de 4 % à 1 %.

Moment de la prise de sangSeuil en g/LSeuil en mmol/L
À jeun (avant la boisson)0,925,1
1 heure après1,8010,0
2 heures après1,538,5

Après l’accouchement

Le diabète gestationnel disparaît en général après la naissance, mais il laisse un risque plus élevé de diabète de type 2 plus tard. Une revue de 20 études, sur plus de 675 000 femmes, a trouvé un risque environ sept fois plus élevé que chez les femmes sans diabète gestationnel.

Le consensus français recommande donc un contrôle de la glycémie après l’accouchement, puis à intervalles réguliers. Si un jour votre glycémie sort de l’intervalle sur un compte-rendu, notre page sur un résultat hors norme explique comment la replacer dans son contexte ; le bilan métabolique détaille les autres lignes souvent prescrites avec elle.