La ligne qui est une cible, pas un intervalle
Le cholestérol total, le HDL et les triglycérides sont rendus face à des intervalles. Le cholestérol LDL, en général, non : il est rendu face à une cible, et cette cible dépend de votre risque cardiovasculaire plutôt que du laboratoire qui l’a mesuré.
C’est pourquoi deux personnes peuvent avoir le même LDL, l’une signalée et l’autre non, sans qu’aucun des deux comptes-rendus se trompe. Quelqu’un qui a fait un infarctus et quelqu’un sans aucun facteur de risque sont comparés à des objectifs différents, fixés par un médecin et non par un automate.
Si votre compte-rendu imprime un intervalle pour le LDL, lisez-le comme la valeur par défaut du laboratoire, pas comme votre cible. Le chiffre qui vous concerne vient de la consultation, pas de la page.
Le jeûne n’est plus la règle
Depuis 2016, la Société européenne d’athérosclérose et la Fédération européenne de chimie clinique et de biologie médicale recommandent conjointement de mesurer les lipides sans jeûne, en routine.
Le raisonnement tient à l’ampleur de l’écart. Après un repas ordinaire, les variations moyennes maximales sont d’environ +0,3 mmol/L pour les triglycérides, −0,2 mmol/L pour le cholestérol total et −0,2 mmol/L pour le LDL, tandis que le HDL, l’apolipoprotéine B et la lipoprotéine(a) ne bougent pas. Les valeurs sans jeûne prédisent le risque cardiovasculaire aussi bien que les autres.
Le jeûne n’est reconsidéré que dans un cas : quand les triglycérides sans jeûne dépassent 5 mmol/L, soit 440 mg/dL. Certains laboratoires le demandent encore, et c’est leur consigne qui s’applique à votre prélèvement.
Comment les lignes se répondent
Les triglycérides sont la ligne la plus sensible à ce que vous avez fait la veille : un repas les fait monter, l’alcool aussi. Une valeur isolément élevée sur un prélèvement sans jeûne est rarement le constat qu’elle semble être.
Le HDL bouge lentement et n’est pas perturbé par un repas. C’est aussi la ligne où le tabac se voit : dans une étude répartissant les participants selon l’intensité du tabagisme, les gros fumeurs présentaient un cholestérol total, des triglycérides et un LDL plus hauts, avec un HDL plus bas.
Le cholestérol non-HDL, imprimé sur de nombreux comptes-rendus, est simplement le cholestérol total moins le HDL. Ce n’est pas un examen supplémentaire, et c’est l’un des chiffres auxquels le consensus européen attribue son propre seuil de signalement.
Ce qu’un bilan lipidique ne dit pas
Il ne mesure pas l’état de vos artères. Il mesure des substances qui, sur des années, contribuent à cet état. Un bilan isolé est un point sur une courbe qui ne devient informative qu’à partir de plusieurs.
Et il ne dit rien du reste de votre risque cardiovasculaire : tension artérielle, tabac, diabète, antécédents familiaux et âge pèsent tous plus lourd qu’une ligne lipidique isolée, ce qui est précisément pourquoi la cible de LDL est personnelle.